Asiles de fous / Régis Jauffret

 

Dans Asiles de fous, asiles est au pluriel. A chacun le sien : un cerveau, un ciboulot, là-haut qui, malgré sa forme, ne tourne pas rond.

Les quatre personnages de la famille zinzin, le père, la mère, le fils et l’amante du fils, parlent à la première personne de ce Je si singulier qui, selon Jauffret, nous différencie si peu.

On glisse de l’un à l’autre sans changer de délire, dans un même ébahissement de réel et de menterie, de méchanceté et de naufrage.

Oui, cynisme et pessimisme alimentent la chronique éhontée. Mais on pardonne au poison de ce texte outrancièrement beau dont les visions s’enchaînent, instruisant plus qu’une prose, un rêve de poésie, une ode à l’amour, ce mot poubelle, coupable et victime de notre ensorcellement.

Un livre passablement enivrant, un des plus forts remontants de la langue française avec, à la fin, la douce lumière d’une fin d’après-midi d’automne. Héroïque.

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